Ce samedi 8 mars 2008, une centaine de
femmes pilotes se posent au
BOURGET. Cette année, l'ACCM était représenté par Marine Arnaud Battandier
et Martine Hugelmann à bord du Robin HR200 F-GSIU.

En ce samedi 08 Mars, je suis arrivée tôt au terrain. Ma co-pilote, Martine
Hugelmann, n’est pas encore arrivée. Je suis venue exprès en avance pour
fignoler mon vol, sortir le dossier météo, et refaire une autre fois
mentalement le trajet Pontoise- Paris le Bourget.
La météo est capricieuse, pour le moment il y a de la brume, mais bon, elle va
se lever ! Nous avons déjà beaucoup de chance car les jours précédents il est
tombé des cordes et j’ai prié toute la semaine qu’il fasse beau samedi. Se
poser au Bourget… ce n’est pas tous les jours que nous, pilotes d’avions
légers, pouvons le faire !
Martine est arrivée pendant que je faisais la visite pré-vol. Quelqu’un a
encore serré à mort le bouchon d’huile, impossible de l’ouvrir pour vérifier
le niveau ! Et impossible de trouver une pince dans le hangar trop bien rangé
! Heureusement nous en avons fini par en trouver une à l’aéroclub d’à côté et
j’ai pu finir la pré-vol.
Pendant ce temps la brume s’est un peu dissipée, nous sommes allées à
l’essence faire le plein et hop, alignement et décollage de la 28 dure,
direction Pontoise, notre point de départ obligatoire.
Nous avons rejoint sur le parking de la Tour les 8 avions prévus pour La
Bourget. Quelques photos souvenirs en attendant le feu vert de l’organisateur,
et nous sautons dans l’avion.
5 minutes entre chaque décollage, c’est la règle ! Après la mise en route, je
fais ma check et découvre que « bébé IU » (le petit surnom que je donne à
F-GSIU) a le frein droit qui ne fonctionne pas. Je demande à Martine d’essayer
de freiner, même problème, la pédale droite n’offre aucune résistance.
Pourtant à Persan tout allait bien, et j’ai posé comme une fleur à Pontoise.
Etrange… Un coup de fil au club, Yves me dit qu’il n’y a aucun problème si
l’autre fonctionne, après tout, la piste au Bourget est longue !!!
Je décide de partir, et après quelques minutes d’attente au point d’arrêt nous
décollons !
Tout s’enchaîne très vite, à la verticale de Pontoise nous passons avec Le
Bourget.
- « F-GSIU, un HR 200 deux personnes à bord, provenance de Pontoise en
direction de vos installations, 1500 pieds QNH »
- « F-IU, maintenez 1500 pieds QNH, transpondeur XXXX, rappelez W1 »
- « 1500 pieds QNH, XXXX au transpondeur, je rappelle W 1, F-IU »
Trois minutes à peine s’écoule, nous venons de survoler Pontoise et de suivre
l’A15.
- « F-IU, à W 1 »
- « F-IU, rappelez W 2 »
- « F-IU, je rappelle W 2 »
Nous passons entre le lac d’Enghien et l’hippodrome, c’est déroutant de
survoler les villes aussi bas, et pas très rassurant, car en cas de panne, à
part l’hippodrome… Nous arrivons déjà à W 2.
- « F-IU, à W 2 »
- « F-IU, rappelez en vue du terrain »
Rires ! Nous ne voyons que ça sur notre droite : Le Bourget est juste à côté,
impossible de le rater.
- « F-IU, nous sommes en vue du terrain »
- « F-IU, rejoignez la base 21 »
Nous avons de la chance car l’avion devant nous a eu une autre piste.
La 21, c’est la piste d’honneur utilisée pour les présentations lors du show
aérien… Nous rejoignons la base, puis tournons en finale. La piste est longue,
immense devant nous, et au loin, juste devant… Paris !
Après un joli kiss
landing, je continue à rouler sur la 21, puis sort à gauche. Une « follow-me
car » est là, nous la suivons doucement. Je me méfie des freins, j’ai remarqué
en dégageant la piste que la pédale droite est redevenu ferme, mais que
maintenant c’est celle de gauche qui est dans le vide.
Au bout du taxiway à gauche, puis nous nous parquons juste à côté d’Ariane. Dès
la sortie de l’avion les agents de piste nous remettent une rose blanche à
chacune.

Nous passons au bureau de piste pour clôturer le plan de vol et déposer celui
du retour, puis nous suivons une organisatrice qui nous remet notre badge.
Nous sommes très bien accueillies, nous montons à l’étage d’un des halls
rejoindre les autres Femmes déjà arrivées. Un buffet est là pour nous
rassasier.
En début d’après-midi, un hommage à Caroline Aigle est organisé dans le hall
juste à côté. Un film la montrant avec son avion de chasse est projeté. C’est
émouvant, elle avait l’air si heureuse… Son mari est là, avec l’enfant
qu’elle a porté, et pour qui elle a choisi de ne pas se faire soigner quand il
était encore temps. C’est une bien triste histoire.
Plusieurs femmes prennent ensuite la parole : pilotes militaires, pilotes
civiles, contrôleuse, chien jaune, mécanicienne avion… toutes parlent avec
passion de leur métier. Une photo souvenir avec toutes les femmes pilotes
–dont nous- clôture la cérémonie.
Après un petit tour dans les différents halls, nous décidons de repartir. Nous
passons dans la « salle d’embarquement » spécialement pour nous, où les agents
vérifient nos papiers, fouillent nos sacs et contrôlent que nous n’avons rien
sur nous.
Nous rejoignons l’avion, y déposons nos affaires et filons vers le bureau
météo. Nous sommes presque les dernières à partir, bébé IU a l’air tout petit
dans ce grand parking !
Nous re décollons de la 21, et à nouveau W2 puis W1. Le contrôleur est
adorable, et avant de quitter nous le remercions chaleureusement, non sans
avoir ajouté :
« À l’année prochaine ! »
Nous tenons, Martine et moi, à remercier chaleureusement toutes les personnes
qui nous ont permis de faire de cette journée un magnifique souvenir.
Marine Arnaud-Battandier, Martine Hugelmann et F-GSIU